De Ramsar à la loi sur l'eau Le terme zone humide trouve son origine dans la terminologie anglo-saxonne "Wetland" pour désigner des espaces où l'eau est une composante majeure intégrée au substrat et à la végétation, en continuité ou non de masses d'eaux libres. Il a été adopté dans le cadre du Projet MAR (diminutif de MARais) Historiquement, bânies et rejetées par l'homme en raison d'une identification à un territoire malsain (miasmes, paludisme,..), les zones humides objet d'assèchements importants, sont reconnues aujourd'hui comme des milieux scientifiquement remarquables, comptant parmi les milieux naturels les plus riches du monde. En effet, elles fournissent l'eau et les aliments à de nombreuses espèces de végétaux et d'animaux, notamment les oiseaux. C'est à partir du suivi des populations d'oiseaux migrateurs, le plus souvent inféodées aux zones humides que les ornithologues ont amené la communauté scientifique et politique vers une prise en compte progressive de l'intérêt des zones humides. La convention de Ramsar (1971) relative aux zones humides d'importance internationale, particulièrement comme habitats des oiseaux d'eau, ratifiée par la France en 1986, comporte dans son article 1er la première définition officielle : "Les zones humides sont des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d'eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l'eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d'eau marine dont la profondeur à marée basse n'excède pas six mètres". Sous l'égide du Ministère de l'Environnement (1991), la communauté scientifique affinera et précisera cette définition, qui, soumise aux juristes, sera en partie reprise dans la loi sur l'eau du 3 janvier 1992 codifiée aujourd'hui dans le code de l'environnement (Art.L. 211-1). " on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année". L'article L. 211-1précise aussi que la gestion équilibrée de la ressource en eau vise à assurer : "La préservation des écosystèmes aquatiques, des sites et des zones humides ;". La préservation des zones humides figure parmi les priorités que s'est assignée la MISE de Loir-et-Cher. |